VILLA PA’MA’5

A two-level two-material house Junas, Gard, Languedoc-Roussillon / France / 2008

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Villa Pa’Ma’5 (fra)

FRA - Maison individuelle de 145 m² habitable, comportant une chambre parentale avec salle d’eau et buanderie, un espace de vie avec cuisine, salle à manger et salon, et un aile avec deux chambres d’amis et un bureau.



Projet :

Le terrain présente deux niveaux. Il fallait composer avec le dénivelé pour habiter aussi en partie haute du terrain en évitant un risque d’affaissement, d’où le choix d’une construction légère en bois. La maison qui adopte une structure hybride s’enroule autour des arbres et structure un patio.

Duelle par son principe constructif, la maison cultive également l’hétérogénéité par certains de ses choix. Travailler sur la fenêtre permet de mieux cadrer le paysage au contraire des baies qui font disparaître la limite entre l’intérieur et l’extérieur. La façade de la partie maçonnée s’organise autour de deux grands châssis surdimensionnés par rapport à l’échelle du bâtiment. Elles créent un rapport frontal avec l’espace extérieur tout en le maintenant à distance.

C’est un bâtiment qui se déplie pour aller chercher des poches de vie grâce à l’utilisation d’espaces de circulation qui séparent les espaces tout en sensibilisant le corps lors du parcours. Ce dispositif est très marqué dans la distribution du volume bois qui s’effectue via une passerelle étroite puis un long couloir confiné à dessein. La hauteur sous plafond très basse favorise l’ intimité des chambres d’amis, lieux de replis temporaires.

Haut lieu du jazz durant son festival annuel, le village dans lequel la maison est située a inspiré son architecture organisé selon des pulsations au diapason du jazz, libre, hétérogène, et ouverte aux interactions.  Une intention musicale qui se lit en observant le bâtiment depuis la bande haute de la parcelle. Les éléments de structure prolongés au-delà de l’enveloppe des pièces excèdent le volume de l’espace intérieur. Ces éléments s’imbriquent dans d’autres espaces pour ne plus définir un espace délimité par ses propres murs mais selon leurs articulations. Cette extension crée une musicalité spatiale. En opposition avec l’aspect monolithique du volume bois, leur géométrie s’agence pour se déverser dans la pente en vibrant avec la déclivité du terrain.



Texte d’Olivier Darmon pour son livre « architecture pas chère » n°4, Edition Ouest-France, 2009:

Difficile de trouver un terrain dans la région de Montpellier ; entre un prix du foncier qui a beaucoup augmenté, une forte demande due une croissance démographique située dans le trio de tête des agglomérations françaises, des règlements d’urbanisme contraignants, le couple aura mis 5 ans à trouver celui qui lui convient, en direction de Nîmes, un peu plus éloigné qu’il ne l’aurait souhaité de la capitale languedocienne. Il s’agit de la dernière parcelle d’une opération d’une quinzaine de lots, un terrain dont les particularités ont à ce point gêné les intentions du lotisseur qu’il a renoncé à l’acquérir. Il est vrai que traversé sur toute sa profondeur par un mur de soutènement en pierres sèches, ce vilain petit canard présente deux niveaux : une partie basse sur ses deux tiers (500 m²) dominée par une bande haute (250 m²) la surplombant de 2,10m. La configuration, peu favorable à l’implantation d’une maison standard, intéresse beaucoup Pierre et Martine qui après avoir réhabilité plusieurs maisons, peuvent désormais profiter de leur retraite dans la maison de leurs rêves : une maison blanche et contemporaine ».

« Entre sa configuration atypique et les obligations réglementaires, le terrain représentait une bonne dose de contraintes, soit un bon potentiel, indique Frédéric Saint-Cricq ; de plus, le règlement d’urbanisme local autorisait une « architecture contemporaine pourvu qu’elle soit justifiée », ce qui n’est pas si fréquent dans la région ». Un séjour non cloisonné, une chambre parentale avec salle de bains attenante, deux chambres pour les enfants et amis de passage, un bureau…  Le programme du couple induit un développé de façade important qui suppose d’utiliser la totalité du terrain, et par conséquent de composer avec le dénivelé. Cependant « construire sur la bande haute, très étroite (entre 3,50 m et 4,00 m de large), risquait de provoquer un affaissement, d’où la solution bois : il fallait impérativement être léger pour investir cet espace ». A l’heure où le bois est d’abord loué pour ses qualités environnementales et son esthétique, ce projet rappelle aussi qu’il est la réponse appropriée à des chantiers sur sites délicats, autrement dit que le choix d’un matériau ne se fait pas ex nihilo, mais en fonction du lieu où l’on construit. En rapport étroit avec son terrain, la maison adopte donc une structure hybride, maçonnerie comme prévu en partie basse de la parcelle, stable et orientée sud, bois sur sa bande haute plus fragile à l’ouest.

Comment faire fonctionner ces deux entités ensembles? Le choix opéré s’effectue sur le mode du contraste, en exploitant la notion d’étirement associée à la différenciation des échelles. « Afin de franchir le vide et coloniser la partie haute, la construction absorbe le dénivelé en s’enroulant au plus près des arbres pour composer en U autour de la piscine. »  En résonnance avec le terrain et le principe constructif, la volumétrie de l’habitation est hétérogène, définissant deux corps de bâtiments imbriqués. La maison blanche, le corps principal orienté sud ample et généreusement vitré, abrite la pièce de jour et sa cuisine ouverte, la buanderie et l’espace nuit des parents avec salle de bains attenante. Quant à la partie bois, l’aile ouest, plus contenue et plus opaque, elle reçoit les chambres d’amis et leur salle de bains partagée.

Les deux volumes se développent sous toiture mixte, monopente pour l’essentiel et toiture terrasse en partie sud. Appliqué au corps principal ce dispositif se traduit par une grande façade captant la lumière du sud (4,50 m à son faîtage) et une toiture terrasse sur ses deux volumes en saillie, l’un prolongeant l’espace repas de la pièce de jour vers la piscine, l’autre abritant la chambre des parents dans un avant-corps, écran protecteur des vues mitoyennes à l’est sur la plage de la piscine. Cette ordonnance qui soutient la conception du plan d’une maison « se dépliant » joue également un rôle de masques progressif de la façade vitrée des rayons du soleil de l’ouest afin de soustraire l’habitation à la surchauffe d’été, précaution essentielle dans cette région parmi les plus ensoleillées de France.

Duelle par son principe constructif, sa toiture, sa partition intérieure, la maison cultive également l’hétérogénéité par certains de ses choix. Si l’habitation est bien « contemporaine» avec ses grandes surfaces vitrées, ses formes cubiques, ses toitures terrasses, elle apparaît également « datée », par certains aspects. « Je souhaitais travailler sur la fenêtre comme élément classique cadrant le paysage au contraire des baies, désormais majoritairement employées dans l’intention de faire disparaître la limite entre l’intérieur et l’extérieur . » La façade de la partie maçonnée s’organise autour de deux grands châssis fixes et surdimensionnées par rapport à l’échelle du bâtiment. En plus de lui conférer l’apparence d’une construction plus importante qu’elle ne l’est en réalité, elles lui apportent à profusion la lumière du sud, créent un rapport frontal avec l’espace extérieur tout en le maintenant à distance.

Atypique elle aussi, la conception du plan d’aménagement créant plusieurs « couloirs »… Ces espaces de circulation qu’on tend à supprimer aujourd’hui au nom d’une fluidité générale sont ici, au contraire, constitutifs du projet. « J’aime étirer les espaces et suis très sensible à la notion de parcours à l’intérieur d’une architecture, explique Frédéric Saint-Cricq. Le couloir, agencement périmé qui ne s’apprend plus à l’école d’architecture, m’intéresse donc énormément. » De fait, le passage d’un lieu à l’autre n’est jamais immédiat dans la maison, mais s’effectue toujours par le truchement d’ une liaison prononcée. Mis en place dans la chambre des parents par un dressing tout en longueur, ce dispositif est encore plus marqué dans la distribution du volume bois qui, depuis l’escalier du séjour, s’effectue via une passerelle étroite (3,20x0,80/2,10 m de haut) puis un long couloir confiné à dessein (6,80 x0,80/2,10 à 3,00 m de haut). Ici, en partie basse de la toiture monopente, la hauteur sous plafond qui n’excède pas 2,10m met en scène une séquence intime qui soutient la conception de ses chambres d’amis occupées occasionnellement, lieux de replis temporaires, cellule quasi monastique pour la première (8,90 m²) d’entre elle orientée nord frontalement sur le bouquet d’arbres, surface plus importante pour la seconde (11,50 m²), opaque au sud elle aussi, mais s’ouvrant sur un patio privatif surplombant la piscine, fin de la séquence du volume bois.

« C’est un bâtiment qui se déplie pour aller chercher des poches de vie » indique son concepteur. La liaison entre le volume maçonné généreux et la partie bois est contenue s’effectue par un cheminement tortueux un peu énigmatique qui vient appuyé la notion très classique d’aile. » Le dispositif appréhende également la distinction entre la partie jour et la partie nuit, les espaces de réception et les espaces privés, l’ouverture et la clôture, la transparence et l’opacité. Haut lieu du jazz durant son festival annuel, le village dans lequel la maison est située a inspiré son architecture organisé selon « des rythmes, des pulsations au diapason de la musicalité du jazz, libre, hétérogène, complexe, ouverte aux interactions. » Une intention musicale qui se lit en observant le bâtiment depuis la bande haute de la parcelle. Ce point de vue souligne un autre aspect de la conception de la maison blanche : ses éléments de structure prolongés au-delà de l’enveloppe du bâtiment excèdent le volume de l’espace intérieur. Ces excroissances de matière s’imbriquent dans d’autres espaces pour ne plus définir un espace délimité par ses propres murs et planchers mais selon l’articulation de ces éléments architectoniques appartenant à d’autres volumes. Ces extensions créent un rythme architectural , une musicalité spatiale . En opposition avec l’aspect monolithique du volume bois, leur géométrie s’agence pour se déverser dans la pente en vibrant avec la déclivité du terrain… Pour cette première réalisation effectuée qui plus est dans l’économie tendue de l’autoconstruction, l’architecte a composé une partition riche de sens et sonnant juste.
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    Villa Pa’Ma’5 (fra) FRA - Maison individuelle de 145 m² habitable, comportant une chambre parentale avec salle d’eau et buanderie, un espace de vie avec cuisine, salle à manger et salon, et un aile avec deux chambres d’amis et un bureau. Projet : Le terrain présente deux niveaux. Il fallait composer avec le dénivelé pour habiter aussi en partie haute du terrain en évitant un risque d’affaissement, d’où le choix d’une construction légère en bois. La maison qui adopte une structure...

    Project details
    • Year 2008
    • Work started in 2006
    • Work finished in 2008
    • Client Privé
    • Status Completed works
    • Type Single-family residence / Modular/Prefabricated housing
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