L'incroyable Grotte de la Salamandre

Une architecture végétale autonome Saint-Privat-de-Champclos / France / 2013

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La Grande Salamandre, le 28 Juin 2013,


 


Les espaces naturels sensibles se doivent d’être préservés et mis en valeur. 


C’est par leur valorisation que l’on peut sauver et véritablement protéger les zones naturelles  où la bio diversité est exceptionnelle , où le caractère sauvage du paysage est évident.


L’homme de par son activité participe à la préservation des espaces naturels, c’est un principe plus facile à mettre en œuvre que de vouloir tenter de vainement les rendre inaccessibles.


Rosario Assunto, le philosophe des paysages nous l’apprenait déjà en 1976 dans la « Charte de Florence » ; la notion de « Paradis » s’est inversée :


Jadis, nous dressions de hauts murs pour clôturer le paradis, un jardin de plantes à protéger contre la nature alors hostile, et  aujourd’hui, nous voudrions fermer de ces mêmes « hauts murs » ce qui nous reste de cette nature encore sauvage ! ?


La bonne fréquentation d’un espace naturel et sa mise en valeur apportent toujours les meilleures  conditions pour entretenir ces sites sensibles qui méritent d’être partagés et connus par le plus grand nombre.


C’est la vocation de ce «  bâtiment - portail »…


Une architecture furtive conçue pour se marier, sans se camoufler, avec le site naturel qui l’entoure.


Un véritable sas pour accéder à un espace beaucoup plus vaste,


immense comme un stade de foot…


haute de plus de trente cinq mètres parfois…


La grotte de la Salamandre !


 


Pour y répondre, il fallait trouver une véritable image architecturale qui soit à la fois :


forte,


durable


et lisible


•          Forte


c’est à dire :


Porteuse de sens


Parce que fréquentée d’un public varié et nombreux, cette architecture doit parler au plus grand nombre et son sens architectural doit paraître évident, c’est à dire « intuitif »…


 


Symbolique (une icône), sept alcôves ogivales expriment le plus simplement possible la descente des charges tout en optimisant le ratio entre volume intérieur et surface d’enveloppe.


Cette forme architecturale nous apparaît comme consensuelle.


 


•          Durable


et tout d’abord :


Intemporelle (car inspirée de l’architecture vernaculaire)


Cette architecture végétale intégrée au site dégage une naturelle authenticité.


Il n’y a plus façades ici, seule une enveloppe de matière végétale vivante retroussée est structurée par une charpente de bois tous locaux, lamellés et collés pour supporter une greffe électronique alimentant une ultime couche photovoltaïque. 


Une peau d’architecture à la fois vivante, confortablement doublée d’ouate de cellulose projetée, et assurant la production d’énergie via ces panneaux de la toute dernière technologie, souples et imprimables.


Ils produisent  toute l’énergie qui est nécessaire au bon fonctionnement des bâtiments mais aussi de l’éclairage de la totalité de la cavité que vont découvrir les spectateurs.


Cette architecture solaire, végétale et vivante est supportée par cinq poteaux de châtaignier, simplement prélevés dans la forêt alentour, et ramenés ici pour être écorcés et mis en œuvre.


 


Flexible  (c’est une architecture évolutive pour s’adapter à la croissance de la fréquentation d’un site touristique en pleine croissance)


La récurrence de ces alcôves invite, toujours de manière intuitive, à imaginer ce que sera l’extension des pavillons d’accueil de la Grande Salamandre, rendue un jour nécessaire par la visite d’un public venu, toujours plus nombreux, admirer les curiosités minérales et végétales qui pendent des plafonds !


 


Environnementale


(Cela doit être préoccupation constante pour chacun d’entre nous, au delà de la zone naturelle où nous sommes : laisser la plus faible empreinte lorsqu’on construit, est la première caractéristique d’une éco construction qui se doit d’être réversible, donc à la fois recyclable et ré utilisable.)


C’est une architecture faite de bois tous locaux : Pin Douglass et châtaignier, tous coupés dans un périmètre de 80kms autour du chantier.


Un ensemble autonome en énergie comme pour son assainissement, réduisant le béton, comme tous les matériaux, à leur plus juste positionnement et dans les bonnes quantités.


Ainsi, la majorité du béton utilisé dans les constructions classiques a disparu.


Dans cette architecture  végétale, il n’y a pas de dalles en béton non plus ; seul un plancher de pin Douglass non traité est posé à claire voie au dessus d’un lit de galet de la rivière, utiles pour leur inertie thermique.


Le béton est utilisé surtout pour asseoir les fondations d’une dizaine de poteaux en pin et pour stabiliser les entrées, aux deux tunnels d’accès.


 


Biodiversité :


La ré introduction d’une vingtaine d’espèces et variétés de plantes sous leur forme sauvage, pulvérisées par hydro semis sur les ouvrages de terrassement permet de dynamiser la bio diversité locale.


Construire, ce n’est plus détruire , c’est retrouver la sauge, le thym, le silène, la carotte sauvage, les fétuques et les digitales pourpres…


Comme pour recoudre avec la nature, on a implanté en masse ce mélange de plantes sélectionnées pour être locales et sauvages…


 


Mimétisme végétal du plafond :


Au sortir d’une salle monumentale, au plafond si densément orné de splendeurs minérales, ne pouvait succéder le plafond bas et terne d’une architecture classique.


Toujours pour accompagner le visiteur dans sa traversée du monde végétal au monde minéral : la voûte végétalisée,


est voulue aussi pour absorber le son dans ce hall d’accueil fréquenté.


Elle abrite des centaines plantes habituées à vivre la tête en bas et l’appareil racinaire tourné vers le ciel.


Une collection de fougères, parmi lesquelles citons,


la capillaire de Montpellier, et Soleiroli Soleirola qui sont des funambules que l’on observe déjà, vivant la tête à l’envers dans les entrées des grottes.


Elles sont ici rejointes par des euphorbes, à la floraison quasi continue, d’un blanc éclatant, une collection de bégonias, des chlorophytums ou encore d’autre plantes exotiques…


 


•          Lisible


donc         


Exclusive (la grande salamandre est unique)


Même si elle nous rappelle immanquablement à tous, tel ou tel autre lieux connus, l’architecture de la salamandre est unique par essence.


La matière végétale vivante qui la compose évolue constamment.


Vous ne verrez jamais deux fois le même spectacle, c’est garanti.


Alors que le plancher et le mobilier s’argentisent, le plafond végétal pousse et fleuri de manière continue.


La signature de cette architecture végétale vivante est à la fois inimitable et personnelle…


 


 


 


Facilement indentifiable (vous vous en souviendrez facilement)


Il fallait pour la Salamandre une architecture qui ne laisse pas indifférent.


La forme ogivale si particulière de ces édifices provoque l’intérêt, l’attrait et le souvenir.


 


•          Une œuvre commune. (il a fallu une équipe soudée pour bâtir ces alcôves de bois cintré et ce belvédère sur pilotis à flanc de falaise)


De l’intelligence de l’équipe de maitrise d’œuvre associée à celle de la maitrise d’ouvrage et au concours des entreprises et des artisans, on doit la qualité de cette réalisation.


Si ces pavillons sont spectaculaires, c’est aussi pour ce qui se voit le moins,


la rapidité d’exécution (quatre mois à peine on suffi pour tout réaliser) et l’ambiance exceptionnelle d’entraide et de professionnalisme qui a régné sur le chantier, pendant leur édification.


L’engagement de tous, à faire œuvre ici, doit être soulignée.


Cela doit être reconnu et mis en avant,


un savoir faire local ne vaut que si il y a « faire savoir ».


Que ce soit chose faite ici .


 


Merci à tous et à toutes…


Jean-François Daures, Architecte.


 


 

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    La Grande Salamandre, le 28 Juin 2013,   Les espaces naturels sensibles se doivent d’être préservés et mis en valeur.  C’est par leur valorisation que l’on peut sauver et véritablement protéger les zones naturelles  où la bio diversité est exceptionnelle , où le caractère sauvage du paysage est évident. L’homme de par son activité participe à la préservation...

    Project details
    • Year 2013
    • Work started in 2010
    • Work finished in 2013
    • Main structure Wood
    • Client SAS Grande Salamandre
    • Cost 620000 €
    • Status Completed works
    • Type Leisure Centres
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