HAUTE COUTURE

14 housings One gallery 2011

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entre puissance et contrefort



Le premier projet d’implantation prévoyait que le bâtiment ferait face au bassin de l’Arsenal, qu’il montrerait son pro l par rapport à la place, comme on tourne le regard de l’actualité des villes pour passer un week-end à la campagne. Les architectes ont contourné ce projet initial et défendu coûte que coûte le face-à-face. Leur obsession : être à la Bastille, prendre la Bastille.


Le bâtiment fait face à la place, oreilles dressées. Cui- rassé dans son manteau d’acier, il hume les vibrations, écoute le métro qui bifurque à ses pieds, scrute le ot incessant des voitures et sonde la société à coup de mani- festations du week-end.


Les maîtres d’œuvre ont dramatisé cette « prise directe » avec la Bastille. Le bâtiment ne cultive pas les marges, il épouse les limites parcellaires et les héberges des immeubles voisins. C’est l’ « anti-Flatiron » : inscrit dans une parcelle triangulaire, il se charge de la dynamique de l’îlot « Biscornet » dont il achève l’urbanisme. Contre toute attente, sa proue ne marque pas un angle mais une surface : par un jeu de triangulation de la vêture, de plissements dynamiques et de formes complexes, l’objet s’ouvre sur un grand écran de verre tendu vers la place. Biseauté, il offre en miroir une perception brouillée de la ville.


 


statut


 


La taille de cette parcelle est inversement proportionnelle à son statut. « Résidentiel », voire résiduel, l’îlot possède une impressionnante visibilité urbaine.


L’objectif des architectes était de conforter l’angle, de couvrir l’héberge du bâtiment mitoyen. Pour l’atteindre, ils ont développé une stratégie de la verticalité, expérimenté en termes de volumétrie et de typologie d’appartement (des duplex et quelques ats). C’est aussi une stratégie de la mue : une chrysalide opérant une transformation progressive vers l’espace de la place dans un volume qui devient un temps - celui du déploiement – et des fenêtres qui s’ouvrent comme un calendrier de l’avent. 



De fait, l’immeuble prend la Bastille. Il l’aborde juché sur de hauts talons, tanké comme un « Hummer ». Ses habitants auront probablement l’impression d’aborder la place à bord d’un véhicule hors norme, protégés derrière un large pare-brise.



L’immeuble est soulevé par une dentelle de pilotis en béton, réceptacle architectonique d’une spectaculaire descente de charges ou encore talons aiguilles pour bâti- ment corseté.
Le socle ainsi rehaussé pro te de grandes baies vitrées qui éclairent les 3 cotés du triangle. Il abritera la donation Jacques-Henri Lartigue, espace de présentation des photos de l’artiste.

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    entre puissance et contrefort Le premier projet d’implantation prévoyait que le bâtiment ferait face au bassin de l’Arsenal, qu’il montrerait son pro l par rapport à la place, comme on tourne le regard de l’actualité des villes pour passer un week-end à la campagne. Les architectes ont contourné ce projet initial et défendu coûte que coûte le face-à-face. Leur obsession : être à la Bastille, prendre la Bastille. Le bâtiment fait face à la place, oreilles...

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