Mémorial international Notre-Dame-de-Lorette [FR]
Pour les soldats tombés dans le Nord-Pas-de-Calais au cours de la Première guerre mondiale
[FR] - À la nécropole nationale érigée au XXe siècle répondra bientôt pour célébrer le centenaire de la Première guerre mondiale un mémorial international. À la douleur a succédé l’apaisement. À travers notre projet, nous avons voulu donner une forme à la fraternité, une expression à la paix, allier l’art et la nature pour les mettre au service de la mémoire.
Donner une forme à la fraternité
Pour réunir les ennemis d’hier, rassembler les 600 000 noms des combattants morts sur les champs de bataille du Nord-Pas de Calais, nous avons choisi l’anneau comme figure, en pensant à la ronde que forme ceux qui se tiennent par la main. Anneau synonyme à la fois d’unité et d’éternité : unité car les noms forment alors une sorte de chaîne humaine, éternité puisque les lettres s’enchaînent sans fin, l’ordre alphabétique prévalant sur toute distinction de nationalité, de grade ou de religion. Implanté sur le site, l’anneau prend la forme d’une ellipse orientée d’un côté vers l’entrée de la nécropole, de l’autre vers les plaines de l’Artois.
Donner une expression à la paix
Le choix de l’horizontalité pour le Mémorial est apparu comme une évidence. D’abord pour répondre à la verticalité de la tour-lanterne, ensuite parce qu’au-delà l’horizontale est signe d’équilibre, gage de pérennité. Ancré dans le sol sur les deux tiers de son périmètre, l’anneau s’en détache lorsque la déclivité du terrain s’accentue. Son porte-à-faux est là pour nous rappeler que la paix demeure toujours fragile. En s’élançant à l’assaut de l’horizon, le Mémorial crée un espace en apesanteur, entre ciel et terre.
Allier l’art et la nature au service de la mémoire
Sur le site même où se déroulèrent d’effroyables combats, la nature a aujourd’hui repris ses droits, le mémorial inscrira demain la mémoire des morts dans l’espace et au-delà célébrera la paix retrouvée. Il révèlera, de manière intuitive, à celles et ceux qui le découvriront le sens et l’objet du lieu, dès leur arrivée, en empruntant la saignée pratiquée dans le sol, telle une tranchée dont les parois latérales offrent le spectacle des strates de la terre que l’ont vient de creuser. C’est un ouvrage d’art dans tous les sens du terme : un défi technique, une oeuvre monumentale; l’art au sens où l’artificiel rivalise avec le naturel. L’emploi d’un matériau nouveau – un béton fibré à ultra-hautes performances - rend sa réalisation possible et lui permettra de défier le temps.